Ad vitam aeternam

chauvet

Cet article fait écho, en quelque sorte, au précédent, sans que cela ait été prémédité, puisqu’il est question ici d’origines. J’ai été invité, dans le cadre de mes fonctions,  il y a quelques jours à visiter l’espace de restitution, actuellement en chantier de la Grotte Chauvet. J’avais quelque chose d’autre chose de prévu ce jour-là mais difficile de refuser d’aller explorer les signes d’un autre temps, infiniment lointain à notre échelle et qui marque, tout simplement les premières traces peintes de l’humanité.

Mais je vous arrête tout de suite, je n’ai pas eu le privilège de visiter la grotte originale. Seuls quelques scientifiques, préhistoriens, artistes de reconstitution et ingénieurs, ont actuellement ce privilège. Cela aurait été fantastique et gagner au loto aurait été, en comparaison, comme devenir le lauréat d’un concours de billes dans une cour de récréation. Bref, je savais que je ne verrais qu’une grotte factice.

Deux choses m’ont marqué pendant cette visite. La première, c’est l’ingénierie mise en oeuvre pour faire de cette restitution un véritable voyage dans le temps. Scan complet de la grotte, impression 3D, fabrication d’un complexe digne du plus grand studio de cinéma, incrustation d’un volume initial sphérique à l’intérieur des 3000 m2 qui constitue l’ensemble de la restitution, sculpture de l’ensemble en résine, reconstitution des peintures.

envers du decor

 

A venir, mise en place des éclairages, instauration d’une température équivalente à celle de la grotte,finition des traces d’humidité et restitution de l’ambiance caverneuse. Tout cela pour fin avril 2015, date d’ouverture. Rien à dire à cela, c’est vrai travail d’orfèvre, mené par des passionnés. J’ai pu échanger avec quelques uns d’entre eux et cette expérience marquera leur vie pour longtemps.

La deuxième chose qui m’a marqué et que, malgré ce fabuleux travail, il est difficile de ressentir une quelconque émotion. L’aspect factice de l’ensemble a véritablement heurté ma sensibilité. A l’heure ou le réel et le virtuel se confondent, je combat, peut être malgré moi, tout ce qui ne relève plus de l’essence humaine. Quand je me suis retrouvé devant l’une de ces prouesses picturales ( car comment rester impassible devant tant de maitrise de la part d’un artiste vieux de 37 000 ans ) je n’ai pu faire abstraction du fait que tout cela était reconstitué. Je suis convaincu qu’un grand nombre ne partagera pas ce sentiment et, tant mieux d’ailleurs pour les investisseurs du site, que cette restitution sera un énorme succès.

Toutefois, cela m’a amené à me pencher sur cette capacité d’abstraction intellectuelle qu’avaient nos ancêtres à penser le dessin et la peinture. Les techniques employées sont impressionnantes et on retrouve parfois les prémisses du cinéma, à travers la décomposition du mouvement de certains animaux, par exemple. Pour ce que l’on en sait, cette grotte n’a jamais été habité par les humains. Cela devait être un lieu sacré dans lequel les artistes de ces époques oeuvraient pour une forme certaine d’immortalité. Rien que cela est impressionnant.

traces d'ours

 

A l’heure ou notre civilisation bât de l’aile, il est rassurant de trouver cette forme d’intemporalité car, dans plusieurs siècles, quant notre monde aura sombré, des hommes ( peut être ! ) pourront redécouvrir cette grotte et ressentiront probablement les mêmes émotions que nos contemporains.

L’homme dans la montagne

regard vers ?Cette silhouette, aux forts accents simiesques, qui regarde au loin, cela pourrait être moi, dans ce moment présent ou je vous écris. Je me sens, au contact de la nature avoisinante, retrouver des sensations probablement issus de quelques cellules dont l’ADN remonte à la nuit des temps. Je suis actuellement un homme dans la montagne, sensible au silence, au temps qui change sans cesse, aux multiples activités de la faune et la flore. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, je ne me sens pas du tout isolé. Le choc initial est passé. Parfois la Ville résonne en moi mais cela demeure furtif, passager. Le village ou j’habite compte tout de même quelques 400 âmes mais comparé à la concentration des dix millions d’habitants que constitue la région parisienne, je m’y sens bien plus à l’aise.

Pour l’avoir voulu, je ne peux qu’être satisfait de ce choix. Depuis quelques années, je cherche les meilleures solutions afin d’obtenir le maximum de temps personnel. Afin de créer, tout simplement. Même si je me suis perdu, parfois, au détour de chemins tortueux, j’aspire enfin à plus de sérénité et, surtout, j’ai obtenu une partie de ce que je recherchais; du temps pour moi.

La vie en ville ne me l’offrait pas. C’était un combat quotidien contre le temps, justement. Seuls quelques expédients me permettaient d’avoir l’illusion d’en avoir parfois.

Aujourd’hui, non seulement, je veux encore plus de temps mais je souhaiterai dans un avenir pas trop lointain m’affranchir un peu de ce système, dont je suis convaincu qu’il court à sa perte. Pour cela, il faut que je devienne plus indépendant. Ce que je tente de faire, jour après jour et vous en savez autant que moi, rien de plus difficile.

Dans les mois qui vont suivre, je vais expérimenter un certain nombres de choses. Je vais tester, tritouiller, essayer, échouer sûrement mais je vais y aller. Je vais tenter, non seulement de regarder loin vers l’horizon, mais de poursuivre cet état d’esprit qui m’a fait partir de la Ville. Je veux suivre ma propre évolution et non celle, dictée par un système auquel je ne crois plus ( si tant est que j’y ai pu apporter quelques crédits autrefois ).

Je vous demande pas de me suivre dans cette voie. Chacun a la sienne. Mais simplement d’y être sensible. L’homme dans la montagne y est heureux et il voudrait que ça dure !

 

Du temps pour la rupture ?

band dans la lande

 

Quatre ans ! C’est le temps qu’il aura fallu pour boucler l’enregistrement de l’album qui marque la rupture ( définitive ? ) avec Blödsinn. Quatre ans de tâtonnements, de recherche, de choix. Le disque n’est, pour l’heure, pas totalement terminé car le mixage vient de débuter et il va demander un peu de temps mais les choses, textes et musiques sont globalement fixés. Impatient comme je suis, c’est avec un certain soulagement que j’ai vécu ces dernières semaines. J’ai tendance à vite me lasser et écouter les mêmes riffs pendant autant d’années m’a tapé sur les nerfs plus d’une fois. Heureusement que les versions se modifiaient au fur et à mesure et qu’elles apportaient toujours quelque chose de nouveau. D’ailleurs, a réécouter les maquettes de 2010, on a du mal à penser, dans certains cas, qu’il s’agit des mêmes chansons.

Nous travaillons en parallèle sur le visuel du groupe et il n’est pas aisé de se débarrasser des vieux oripeaux de Blödsinn. Comme nous sommes toujours 2 aux manettes, la rupture n’est pas si facile. Quoi qu’en dise, certains d’entre vous, reconnaîtront, ici et là, des couleurs, des intentions issus du festif dans lequel nous nous sommes consacrés pendant plus de 15 ans.

A l’heure actuelle, la musique a beaucoup évolué. Nous vivons la fin du support physique et en bon quarantenaire que nous sommes, nous avons un peu de mal avec ça. Nous allons bien entendu utiliser la toile pour promouvoir cet album mais nous sortirons quand même une petite galette avec sa pochette. Pour nous comme pour les puristes.

Aucune idée de ce que nous attend à ce niveau-là. C’est tellement aléatoire et nous ne sommes pas vraiment des commerciaux. ça se saurait depuis le temps ! Nous espérons juste que la qualité sera au rendez vous pour que cela puisse générer un bouche à oreille satisfaisant.

D’ailleurs, c’est à la suite de cela que nous envisagerons ou pas de monter sur scène. Mais c’est une autre histoire !

 

Double sélection au Festival de Belleville

loi silence

Le festival de Belleville, qui aura lieu du 16 au 21 juillet, me contacte pour m’apprendre que Monsieur Moresco et La Loi du Silence ont été sélectionnés. Faut que je quitte la grande Ville pour y voir certains de mes films projetés ! Car cela fait bien longtemps que cela n’avait été le cas dans la capitale. Climax  a du être le dernier, en 2011,  à La Péniche Cinéma.

En tous cas, cela fait toujours plaisir. Pour celles et ceux qui seront sur place, la projection des deux films aura lieu le vendredi 18 juillet au Centre social de Belleville, place Henri Fiszbin dans le 19ème.

Plus d’infos:  www.festivaldebelleville.org / https://www.facebook.com/festivalenpleinair

61 du Cygne, le reboot

61dc reboot

Depuis que je suis parti, 61 du Cygne s’est mis en hibernation. De facto. Me retrouvant seul, loin de mes acolytes, il était difficile d’avoir une activité digne de ce nom. Après avoir cogité durant quelques lunes, je me suis rendu à l’évidence; je n’ai pas créée 61 du Cygne pour qu’elle disparaisse à la moindre brise.

Conscient de la difficulté de faire perdurer une association, contre vents et marées, j’ai décidé d’y aller tranquille et de tenter de me poser les bonnes questions. De fil en aiguille, j’ai rencontré, ici et là, divers protagonistes pouvant apporter de l’eau à mon moulin.

En mai dernier, j’ai été amené donc à filmer la journée de l’art et de la culture au collège Marthe Dupeyron à Langogne ( Lozère ). Financièrement, je leur ai fait une fleur. Façon pour moi de remettre le pied à l’étrier en douceur, sans pression. Du coup, j’ai été amené à rencontrer d’autres association, intéressés par la captation d’images ou la réalisation de documentaires ou de reportages. Les choses, ainsi, se font.

Par ailleurs, je suis en train de monter un ciné-club dans ma bourgade, histoire de dynamiser un peu le bled paumé dans lequel je me trouve. J’espère que cela marchera car je ne peux qu’être enthousiasmé à l’idée de transmettre ma passion du cinéma. Je devrais pouvoir être fixé sur ce projet d’ici la rentrée.

Même si la recherche de collaborateurs s’annonce ardu dans ces contrées, je ne désespère pas d’en trouver dans les temps qui viennent. Et puis, je vous invite, vous des villes, à me rejoindre ponctuellement pour des projets de folie !!!

En passant, et sans obligation évidemment, j’invite qui veut à contribuer, de près ou de loin, à l’essor de 61 du Cygne. Vous pouvez apporter la contribution qui vous plaira et me l’adresser à l’adresse suivante :

61 du Cygne

Les Lilas

07590 Saint Etienne de Lugdarès

Que ce soit par chèque ou en matériel, ou bien en collaboration, je suis preneur de toute bonne initiative.

Je ne sais pas quel chemin prendra cette asso mais je souhaite l’emmener dans les étoiles. A bon entendeur !