Ecrire …

ecrire

Il aura fallu que je quitte Paris pour enfin m’adonner à mon vieux plaisir : l’écriture ! Depuis que j’ai pu réorganiser mon temps personnel, je m’octroie quotidiennement entre 1 et 2 h d’écriture chaque jour. Disons que c’est une moyenne car certains jours, il ne se passe rien. Depuis quelques mois, je suis parvenu à maintenir ce rythme et j’espère pouvoir y consacrer un peu plus de temps dans l’avenir.

Il fallait vraiment que je m’y mette. D’abord, en ce qui concerne l’écriture de scénarios. En 15 ans, je n’ai écrit qu’un véritable scénario qui ait été filmé ( et encore il s’agissait d’une adaptation, « Monsieur Moresco » ). Je ne peux comptabiliser là dedans les « synopsis détaillés » que sont  » Le cri « ,  » Après l’homme » ou encore  » Happy Birthday« . Bien que j’ai retravaillé la plupart des scénarios que j’ai tourné, je ne peux pas appelé cela « écrire ». D’ailleurs, pour aller plus loin, écrire un scénario ne m’a jamais enthousiasmé. En parallèle, j’écrivais souvent des textes pour me faire plaisir alors que je devais m’atteler à tel ou tel scénario, c’est dire. Ce qui compte surtout dans ce travail, ce n’est pas tant la technique à acquérir, que l’étude des personnages, les thématiques, les circonvolutions de l’histoire. J’ai été principalement occupé, pendant des années, par l’aspect formel des films. Et bien évidemment, cela ne suffit pas, ( je l’ai appris à mes dépens ) et maintenant que j’ai un peu lâcher la bride sur le sujet, je peux enfin me consacrer au fond de l’affaire.

Si ce n’est que faire des films au fin fond de l’Ardèche n’est pas bien évident. Je n’ai d’ailleurs rien tourné depuis que j’y suis car pas d’équipe technique, pas de comédiens. Bon, ce n’est pas non plus une excuse. On peut tourner n’importe où. La vraie raison réside justement dans l’écriture.

Qu’est ce que j’ai envie de raconter ? Tout tient dans cette question. Et cela fait donc quelques mois que je planche dessus. Du coup, j’ai noirci des pages et des pages. Des nouvelles, des bribes de scénarios, des chansons, des textes divers, des réflexions sur la société et même un livre de cuisine ! Tout n’est pas bon, loin de là mais écrire est la meilleure façon d’apprendre à écrire ! Alors j’écris, tout simplement. Jusqu’à présent, je ne m’étais pas vraiment donné d’objectifs. Et sans objectif, on navigue à vau-l’eau.

C’est en surfant sur la toile que j’ai découvert tout un tas de site consacré à l’écriture. Et je suis tombé sur un projet impressionnant. En terme d’objectif, je peux pas trouver plus balèze ! Il s’agit du Projet Bradbury, initié par Neil Jomunsi. En s’inspirant du commentaire de Bradbury, Neil Jomunsi a relevé le défi suivant :

« Écrire un roman, c’est compliqué: vous pouvez passer un an, peut-être plus, sur quelque chose qui au final, sera raté. Écrivez des histoires courtes, une par semaine. Ainsi vous apprendrez votre métier d’écrivain. Au bout d’un an, vous aurez la joie d’avoir accompli quelque chose: vous aurez entre les mains 52 histoires courtes. Et je vous mets au défi d’en écrire 52 mauvaises. C’est impossible. »

Durant une année entière, Neil Jomunsi a produit une nouvelle par semaine et l’a publié, via les liseuses électroniques. Le récit de son aventure est passionnante et même si je me sens un peu frileux à l’idée de me lancer dans l’aventure, je suis convaincu du bien fondé du commentaire de Bradbury.

Je n’ai jamais rien publié et rarement fait lire ce que j’écrivais. Peut être est-ce là une occasion de le faire. Après tout, j’ai rien à y perdre. Juste à me faire plaisir. Et si mes écrits vous plaisent, alors, ce sera parfait !

La dépakine, un scandale sanitaire

C’est lors du tournage de  » La journée de l’art et de la culture  » à Langogne en mai dernier que j’ai rencontré Marine Martin, présidente de l’association APESAC ( Association d’Aide aux Parents d’Enfants souffrant du Syndrome de l’Anti-Convulsivant ). Elle souhaitait pouvoir utiliser la vidéo comme un outil supplémentaire à son action, l’objectif de l’association étant d’informer  sur ce syndrome méconnu, de soutenir les familles touchées et de leur venir en aide. Elle m’a donc demandé si je pouvais filmer quelques témoignages afin de permettre une meilleure compréhension et une plus grande diffusion de ce scandale pharmaceutique.


La dépakine, un scandale sanitaire par kyja

N’hésitez pas à faire circuler cette vidéo autour de vous afin de faire connaître ce syndrome et éviter ainsi de nouveaux cas.

Pour de plus amples informations sur le sujet, je vous invite à consulter le site de l’association :

www.apesac.org

Ad vitam aeternam

chauvet

Cet article fait écho, en quelque sorte, au précédent, sans que cela ait été prémédité, puisqu’il est question ici d’origines. J’ai été invité, dans le cadre de mes fonctions,  il y a quelques jours à visiter l’espace de restitution, actuellement en chantier de la Grotte Chauvet. J’avais quelque chose d’autre chose de prévu ce jour-là mais difficile de refuser d’aller explorer les signes d’un autre temps, infiniment lointain à notre échelle et qui marque, tout simplement les premières traces peintes de l’humanité.

Mais je vous arrête tout de suite, je n’ai pas eu le privilège de visiter la grotte originale. Seuls quelques scientifiques, préhistoriens, artistes de reconstitution et ingénieurs, ont actuellement ce privilège. Cela aurait été fantastique et gagner au loto aurait été, en comparaison, comme devenir le lauréat d’un concours de billes dans une cour de récréation. Bref, je savais que je ne verrais qu’une grotte factice.

Deux choses m’ont marqué pendant cette visite. La première, c’est l’ingénierie mise en oeuvre pour faire de cette restitution un véritable voyage dans le temps. Scan complet de la grotte, impression 3D, fabrication d’un complexe digne du plus grand studio de cinéma, incrustation d’un volume initial sphérique à l’intérieur des 3000 m2 qui constitue l’ensemble de la restitution, sculpture de l’ensemble en résine, reconstitution des peintures.

envers du decor

 

A venir, mise en place des éclairages, instauration d’une température équivalente à celle de la grotte,finition des traces d’humidité et restitution de l’ambiance caverneuse. Tout cela pour fin avril 2015, date d’ouverture. Rien à dire à cela, c’est vrai travail d’orfèvre, mené par des passionnés. J’ai pu échanger avec quelques uns d’entre eux et cette expérience marquera leur vie pour longtemps.

La deuxième chose qui m’a marqué et que, malgré ce fabuleux travail, il est difficile de ressentir une quelconque émotion. L’aspect factice de l’ensemble a véritablement heurté ma sensibilité. A l’heure ou le réel et le virtuel se confondent, je combat, peut être malgré moi, tout ce qui ne relève plus de l’essence humaine. Quand je me suis retrouvé devant l’une de ces prouesses picturales ( car comment rester impassible devant tant de maitrise de la part d’un artiste vieux de 37 000 ans ) je n’ai pu faire abstraction du fait que tout cela était reconstitué. Je suis convaincu qu’un grand nombre ne partagera pas ce sentiment et, tant mieux d’ailleurs pour les investisseurs du site, que cette restitution sera un énorme succès.

Toutefois, cela m’a amené à me pencher sur cette capacité d’abstraction intellectuelle qu’avaient nos ancêtres à penser le dessin et la peinture. Les techniques employées sont impressionnantes et on retrouve parfois les prémisses du cinéma, à travers la décomposition du mouvement de certains animaux, par exemple. Pour ce que l’on en sait, cette grotte n’a jamais été habité par les humains. Cela devait être un lieu sacré dans lequel les artistes de ces époques oeuvraient pour une forme certaine d’immortalité. Rien que cela est impressionnant.

traces d'ours

 

A l’heure ou notre civilisation bât de l’aile, il est rassurant de trouver cette forme d’intemporalité car, dans plusieurs siècles, quant notre monde aura sombré, des hommes ( peut être ! ) pourront redécouvrir cette grotte et ressentiront probablement les mêmes émotions que nos contemporains.

L’homme dans la montagne

regard vers ?Cette silhouette, aux forts accents simiesques, qui regarde au loin, cela pourrait être moi, dans ce moment présent ou je vous écris. Je me sens, au contact de la nature avoisinante, retrouver des sensations probablement issus de quelques cellules dont l’ADN remonte à la nuit des temps. Je suis actuellement un homme dans la montagne, sensible au silence, au temps qui change sans cesse, aux multiples activités de la faune et la flore. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, je ne me sens pas du tout isolé. Le choc initial est passé. Parfois la Ville résonne en moi mais cela demeure furtif, passager. Le village ou j’habite compte tout de même quelques 400 âmes mais comparé à la concentration des dix millions d’habitants que constitue la région parisienne, je m’y sens bien plus à l’aise.

Pour l’avoir voulu, je ne peux qu’être satisfait de ce choix. Depuis quelques années, je cherche les meilleures solutions afin d’obtenir le maximum de temps personnel. Afin de créer, tout simplement. Même si je me suis perdu, parfois, au détour de chemins tortueux, j’aspire enfin à plus de sérénité et, surtout, j’ai obtenu une partie de ce que je recherchais; du temps pour moi.

La vie en ville ne me l’offrait pas. C’était un combat quotidien contre le temps, justement. Seuls quelques expédients me permettaient d’avoir l’illusion d’en avoir parfois.

Aujourd’hui, non seulement, je veux encore plus de temps mais je souhaiterai dans un avenir pas trop lointain m’affranchir un peu de ce système, dont je suis convaincu qu’il court à sa perte. Pour cela, il faut que je devienne plus indépendant. Ce que je tente de faire, jour après jour et vous en savez autant que moi, rien de plus difficile.

Dans les mois qui vont suivre, je vais expérimenter un certain nombres de choses. Je vais tester, tritouiller, essayer, échouer sûrement mais je vais y aller. Je vais tenter, non seulement de regarder loin vers l’horizon, mais de poursuivre cet état d’esprit qui m’a fait partir de la Ville. Je veux suivre ma propre évolution et non celle, dictée par un système auquel je ne crois plus ( si tant est que j’y ai pu apporter quelques crédits autrefois ).

Je vous demande pas de me suivre dans cette voie. Chacun a la sienne. Mais simplement d’y être sensible. L’homme dans la montagne y est heureux et il voudrait que ça dure !

 

Du temps pour la rupture ?

band dans la lande

 

Quatre ans ! C’est le temps qu’il aura fallu pour boucler l’enregistrement de l’album qui marque la rupture ( définitive ? ) avec Blödsinn. Quatre ans de tâtonnements, de recherche, de choix. Le disque n’est, pour l’heure, pas totalement terminé car le mixage vient de débuter et il va demander un peu de temps mais les choses, textes et musiques sont globalement fixés. Impatient comme je suis, c’est avec un certain soulagement que j’ai vécu ces dernières semaines. J’ai tendance à vite me lasser et écouter les mêmes riffs pendant autant d’années m’a tapé sur les nerfs plus d’une fois. Heureusement que les versions se modifiaient au fur et à mesure et qu’elles apportaient toujours quelque chose de nouveau. D’ailleurs, a réécouter les maquettes de 2010, on a du mal à penser, dans certains cas, qu’il s’agit des mêmes chansons.

Nous travaillons en parallèle sur le visuel du groupe et il n’est pas aisé de se débarrasser des vieux oripeaux de Blödsinn. Comme nous sommes toujours 2 aux manettes, la rupture n’est pas si facile. Quoi qu’en dise, certains d’entre vous, reconnaîtront, ici et là, des couleurs, des intentions issus du festif dans lequel nous nous sommes consacrés pendant plus de 15 ans.

A l’heure actuelle, la musique a beaucoup évolué. Nous vivons la fin du support physique et en bon quarantenaire que nous sommes, nous avons un peu de mal avec ça. Nous allons bien entendu utiliser la toile pour promouvoir cet album mais nous sortirons quand même une petite galette avec sa pochette. Pour nous comme pour les puristes.

Aucune idée de ce que nous attend à ce niveau-là. C’est tellement aléatoire et nous ne sommes pas vraiment des commerciaux. ça se saurait depuis le temps ! Nous espérons juste que la qualité sera au rendez vous pour que cela puisse générer un bouche à oreille satisfaisant.

D’ailleurs, c’est à la suite de cela que nous envisagerons ou pas de monter sur scène. Mais c’est une autre histoire !